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mercredi 29 avril 2026

À Bagdad, un technocrate sous le double regard de Téhéran et Washington

Après des mois de paralysie politique, l’Irak s’est doté d’un premier ministre désigné en la personne d’Ali al-Zaïdi, un homme d’affaires sans passé partisan, propulsé par le Quadre de coordination chiite. Ce choix, intervenu alors que la pression américaine venait de faire tomber la candidature de l’ancien chef du gouvernement Nouri al-Maliki, incarne le réflexe conservateur des élites irakiennes, soucieuses d’amortir le choc entre les ambitions de Téhéran et de Washington sur leur territoire. Le général-président Nizar Amedi a aussitôt chargé le nouveau venu de former un cabinet, ouvrant un compte à rebours constitutionnel de trente jours pour obtenir la confiance du Parlement.

Ce dénouement hâtif ne doit rien au hasard. Depuis les élections législatives de novembre 2025, le jeu restait bloqué entre factions chiites, le bloc parlementaire majoritaire peinant à départager ses prétendants. L’éviction de M. al-Maliki, que Donald Trump avait menacé de priver de tout soutien américain en cas de retour, a été vécue à Bagdad comme un camouflet, mais aussi comme une illustration brutale de l’asymétrie des rapports de force. En coulisses, les chancelleries occidentales retenaient leur souffle : une crise politique prolongée en Irak risquait d’aggraver l’instabilité régionale, avec des conséquences directes sur la sécurité énergétique et les flux migratoires scrutés de près à Bruxelles comme à Paris.

Âgé d’une quarantaine d’années, originaire de Nassiriya, dans le sud du pays, Ali al-Zaïdi arrive au pouvoir fort d’un pedigree de technocrate et d’une surface financière certaine. Dirigeant d’une banque islamique, d’une chaîne de télévision et impliqué dans le gigantesque programme public de distribution alimentaire, il revendique des liens apaisés avec les différentes sensibilités de l’élite irakienne. Mais son profil suscite autant d’espoirs que d’interrogations. Des médias basés en Asie orientale ont rappelé que la banque Al-Janoob dont il est l’un des animateurs avait été visée par des sanctions américaines en 2024 pour soupçons de blanchiment, tandis que des sources juridiques citées par la presse internationale affirment qu’aucune restriction ne pèse aujourd’hui sur lui ni sur ses institutions. Cette zone d’ombre alimente le scepticisme parmi les cercles de la société civile qui aspiraient à une rupture plus nette avec les pratiques du passé.

Du côté iranien, la nomination de M. al-Zaïdi est observée avec un soulagement mesuré. Les analystes proches du pouvoir à Téhéran soulignent qu’en cédant sur la personne sans sacrifier l’architecture du Quadre de coordination, les alliés chiites de l’Irak conservent l’essentiel : un premier ministre qui, même s’il n’est pas un militant aguerri, ne peut gouverner sans l’aval des factions qui les relient à la République islamique. Les capitales du Golfe, elles, voient dans ce dirigeant issu du monde des affaires un interlocuteur potentiellement plus ouvert aux échanges économiques, mais doutent de sa capacité à contenir les groupes armés. À Washington, l’acceptation reste prudente : la Maison-Blanche n’a pas désavoué un choix qui lui épargne le retour tonitruant d’al-Maliki, mais elle surveillera de près la composition du gouvernement et les allégeances sécuritaires qu’il reflétera.

La véritable épreuve commence donc pour M. al-Zaïdi. Il lui faut en un mois composer un attelage ministériel qui satisfasse à la fois les sensibilités kurdes et sunnites, le réseau complexe des partis chiites et les parrains extérieurs, tout en répondant aux attentes pressantes d’une population épuisée par la corruption et l’effondrement des services publics. Dans un Moyen-Orient où la confrontation entre l’Iran, Israël et les États-Unis s’intensifie dangereusement, l’Irak ne peut se permettre un nouvel effondrement. Le défi pour ce technocrate sans expérience politique est donc immense : démontrer qu’un profil de compromis peut se muer en véritable capacité d’action, sous peine de voir le pays replonger dans le cycle des crises à répétition.

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mercredi 29 avril 2026

À Bagdad, un technocrate sous le double regard de Téhéran et Washington

Après des mois de paralysie politique, l’Irak s’est doté d’un premier ministre désigné en la personne d’Ali al-Zaïdi, un homme d’affaires sans passé partisan, propulsé par le Quadre de coordination chiite. Ce choix, intervenu alors que la pression américaine venait de faire tomber la candidature de l’ancien chef du gouvernement Nouri al-Maliki, incarne le réflexe conservateur des élites irakiennes, soucieuses d’amortir le choc entre les ambitions de Téhéran et de Washington sur leur territoire. Le général-président Nizar Amedi a aussitôt chargé le nouveau venu de former un cabinet, ouvrant un compte à rebours constitutionnel de trente jours pour obtenir la confiance du Parlement.

Ce dénouement hâtif ne doit rien au hasard. Depuis les élections législatives de novembre 2025, le jeu restait bloqué entre factions chiites, le bloc parlementaire majoritaire peinant à départager ses prétendants. L’éviction de M. al-Maliki, que Donald Trump avait menacé de priver de tout soutien américain en cas de retour, a été vécue à Bagdad comme un camouflet, mais aussi comme une illustration brutale de l’asymétrie des rapports de force. En coulisses, les chancelleries occidentales retenaient leur souffle : une crise politique prolongée en Irak risquait d’aggraver l’instabilité régionale, avec des conséquences directes sur la sécurité énergétique et les flux migratoires scrutés de près à Bruxelles comme à Paris.

Âgé d’une quarantaine d’années, originaire de Nassiriya, dans le sud du pays, Ali al-Zaïdi arrive au pouvoir fort d’un pedigree de technocrate et d’une surface financière certaine. Dirigeant d’une banque islamique, d’une chaîne de télévision et impliqué dans le gigantesque programme public de distribution alimentaire, il revendique des liens apaisés avec les différentes sensibilités de l’élite irakienne. Mais son profil suscite autant d’espoirs que d’interrogations. Des médias basés en Asie orientale ont rappelé que la banque Al-Janoob dont il est l’un des animateurs avait été visée par des sanctions américaines en 2024 pour soupçons de blanchiment, tandis que des sources juridiques citées par la presse internationale affirment qu’aucune restriction ne pèse aujourd’hui sur lui ni sur ses institutions. Cette zone d’ombre alimente le scepticisme parmi les cercles de la société civile qui aspiraient à une rupture plus nette avec les pratiques du passé.

Du côté iranien, la nomination de M. al-Zaïdi est observée avec un soulagement mesuré. Les analystes proches du pouvoir à Téhéran soulignent qu’en cédant sur la personne sans sacrifier l’architecture du Quadre de coordination, les alliés chiites de l’Irak conservent l’essentiel : un premier ministre qui, même s’il n’est pas un militant aguerri, ne peut gouverner sans l’aval des factions qui les relient à la République islamique. Les capitales du Golfe, elles, voient dans ce dirigeant issu du monde des affaires un interlocuteur potentiellement plus ouvert aux échanges économiques, mais doutent de sa capacité à contenir les groupes armés. À Washington, l’acceptation reste prudente : la Maison-Blanche n’a pas désavoué un choix qui lui épargne le retour tonitruant d’al-Maliki, mais elle surveillera de près la composition du gouvernement et les allégeances sécuritaires qu’il reflétera.

La véritable épreuve commence donc pour M. al-Zaïdi. Il lui faut en un mois composer un attelage ministériel qui satisfasse à la fois les sensibilités kurdes et sunnites, le réseau complexe des partis chiites et les parrains extérieurs, tout en répondant aux attentes pressantes d’une population épuisée par la corruption et l’effondrement des services publics. Dans un Moyen-Orient où la confrontation entre l’Iran, Israël et les États-Unis s’intensifie dangereusement, l’Irak ne peut se permettre un nouvel effondrement. Le défi pour ce technocrate sans expérience politique est donc immense : démontrer qu’un profil de compromis peut se muer en véritable capacité d’action, sous peine de voir le pays replonger dans le cycle des crises à répétition.

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