
À Milan, le cauchemar de Reggio Emilia : la course à la Ligue des champions se resserre
La défaite du Milan AC face à Sassuolo (2-0) au Mapei Stadium de Reggio Emilia, dimanche, n’est pas un simple accident de parcours. Elle fissure l’édifice patiemment construit par Massimiliano Allegri et relance un suspense que l’on croyait éteint dans la course à la Ligue des champions. Les Rossoneri, troisièmes avec 67 points, voient désormais la Juventus, quatrième, revenue à trois longueurs après son propre nul contre Vérone. Mais au-delà du score, c’est la manière qui interpelle : réduits à dix dès la 24ᵉ minute après l’expulsion de Fikayo Tomori pour deux avertissements, les Milanais n’ont cadré aucun tir, symptôme d’une impuissance offensive qui inquiète dans la péninsule. Les buts de Domenico Berardi (5ᵉ) et d’Armand Laurienté (47ᵉ) ont scellé un revers qui, selon plusieurs observateurs italiens, pose la question de la capacité de cette équipe à tenir la distance sous pression.
Ce résultat s’inscrit dans un climat plus large de fébrilité du football italien, que les récents propos de Luciano Spalletti viennent éclairer d’un jour critique. À la veille du match contre Vérone, l’entraîneur de Naples avait vertement critiqué le style de Massimiliano Allegri, accusé de privilégier le contrôle et la sécurité au détriment du déséquilibre créatif. Une attaque qui, au vu de la prestation milanaise, résonne comme un avertissement : en Serie A comme en Ligue des champions, la prudence ne suffit plus face aux équipes capables de créer le chaos. Du côté de Reggio Emilia, Allegri, filmé par les caméras de Dazn les yeux embués de larmes sur le banc, a reconnu une « approche catastrophique » et un « joker gaspillé ». Il a toutefois appelé à ne pas « jeter dix mois de travail », tout en sachant que le calendrier offre désormais une marge très étroite : un déplacement périlleux à Bergame samedi prochain.
Au-delà des Alpes, l’écho de cette déconfiture milanaise dépasse la simple chronique sportive. Dans les rédactions arabophones, An-Nahar souligne que le troisième rang des Rossoneri est désormais « menacé » par la Juventus, tandis que la presse italienne insiste sur la dépendance excessive de l’équipe à Luka Modric, blessé et absent pour le reste de la saison. Cette fragilité structurelle interroge aussi les observateurs francophones : en Belgique, où le football italien est traditionnellement suivi pour sa rigueur tactique, on se demande si le modèle Allegri n’a pas atteint ses limites ; au Canada, certains commentateurs y voient le reflet d’un championnat qui peine à produire des certitudes offensives. Car l’enjeu dépasse Milan : si la Juve venait à dépasser son rival, c’est toute la hiérarchie du Calcio qui serait bousculée à trois journées de la fin. Les prochains face-à-face – Sassuolo contre Torino, puis Atalanta-Milan – dicteront si ce revers marque une simple alerte ou le début d’un déclassement annoncé.
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