
L’armée israélienne à bout de souffle : le chef d’état-major alerte sur un effondrement imminent
Devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense, le général Eyal Zamir prédit l’effondrement du système de réserve et exige l’enrôlement immédiat des ultra-orthodoxes.
La mise en garde, formulée à huis clos devant la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, a valeur de séisme politique en Israël. Le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, a prévenu que l’armée israélienne ne pourra plus supporter le poids des opérations en cours si aucune mesure législative n’est prise pour recruter massivement les jeunes ultra-orthodoxes – les *haredim* – et pour allonger la durée du service obligatoire à trois ans. « L’armée de réserve s’effondrera sur elle-même », a-t-il déclaré, évoquant des centaines de morts et des milliers de blessés depuis le 7 octobre, ainsi qu’un état de stress post-traumatique généralisé parmi les troupes d’active et les réservistes. Selon lui, le déficit en hommes de combat atteindra son paroxysme dès janvier 2027, lorsque la réduction de la durée du service à trente mois privera Tsahal de plusieurs milliers de soldats supplémentaires.
Cet avertissement intervient dans un contexte où les forces armées mènent des opérations sur plusieurs fronts – Gaza, Cisjordanie, Liban, Syrie, Yémen – et où la réserve est sollicitée de façon intenable. La question du recrutement des *haredim*, jusqu’ici exemptés de service par des accords politiques, n’est plus seulement un enjeu d’égalité citoyenne : elle devient un impératif opérationnel. Pour Zamir, il ne s’agit pas de prendre parti dans le débat politique, mais d’assurer la survie d’une institution déjà fragilisée par des années de conflit.
Dans les médias iraniens et arabes, cette alerte est rapportée comme une preuve de la fragilité croissante de l’État hébreu. *Khabar Online*, citant la chaîne libanaise Al-Manar, insiste sur l’urgence d’une « effondrement » annoncé, tandis que la presse hébraïque révèle que l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot a accusé le niveau politique de fuir ses responsabilités, rappelant que c’est la même classe dirigeante qui a mené le pays au désastre du 7 octobre. L’écho de ces débats dépasse les frontières israéliennes : en France et en Belgique, où les communautés juives sont nombreuses, l’incapacité de l’État à trancher le nœud politico-religieux du service militaire suscite inquiétude et interrogations sur la viabilité à long terme du modèle de défense israélien.
Au-delà des chiffres, c’est la cohésion même de la société israélienne qui est en jeu. La crise des effectifs ne pourra être résolue sans une réforme en profondeur du pacte citoyen, alors que les partis religieux bloquent toute avancée législative. Les prochains mois diront si le gouvernement Netanyahou, enlisé dans ses contradictions, parviendra à répondre à l’ultimatum lancé par son propre état-major – ou si la prédiction de Zamir, martelée dans le huis clos de la Knesset, deviendra une réalité stratégique aux conséquences régionales incalculables.
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