
Féminicide en Argentine : le procès de Salta et la querelle des experts sur la conscience de l'accusé
Dans le tribunal de Salta, l’affaire du meurtre de Mercedes Kvedaras, tuée dans le club de campo El Tipal, entre dans sa phase la plus décisive. Au cœur des débats, une opposition frontale entre les experts psychiatres : les uns, mandatés par la défense, décrivent un homme submergé par un « ouragan émotionnel », frappé de « lacunes mentales » et incapable de contrôler ses actes ; les autres, rattachés au Centre d’investigation forensique (CIF), jurent que l’accusé José Figueroa a agi en pleine conscience. Ce clivage technique décidera si le crime est qualifié de « féminicide » – avec une peine de prison à perpétuité – ou d’homicide sous le coup d’une « émotion violente », circonstance atténuante qui réduirait la sanction. La justice argentine, comme souvent en Amérique latine, se trouve ainsi confrontée à la frontière poreuse entre responsabilité pénale et pathologie psychique, un débat que n’ignorent ni les codes européens ni les législations africaines francophones, où la notion de « crime passionnel » continue d’alimenter des controverses similaires.
Quelques heures avant le drame, pourtant, rien ne laissait présager l’irréparable. Une témoin clé, qui avait partagé la soirée avec le couple, raconte avoir vu Figueroa plaisanter, vaquer aux tâches domestiques et jouer avec ses enfants sur une console, dans une apparente banalité. Cette « normalité » troublante, rapportée par la presse espagnole, devient un élément central du réquisitoire : si l’accusé était si détendu, son geste ne pouvait relever d’une impulsion soudaine et irrépressible. La défense rétorque que l’insomnie chronique et un « état crépusculaire » expliquent cette façade calme, une thèse que les experts officiels jugent infondée. Au fil des audiences, les tensions ont débordé : cris, gestes d’impatience, le tribunal a dû rappeler à l’ordre la fiscalité et la défense, signe que l’enjeu dépasse le seul cas individuel pour devenir un symbole des luttes contre les violences faites aux femmes.
Au-delà des frontières argentines, ce procès résonne avec les préoccupations des sociétés francophones, du Canada à la Belgique, où les débats sur la qualification pénale des féminicides sont tout aussi vifs. En Afrique de l’Ouest, des organisations de défense des droits des femmes observent avec attention l’issue de ce verdict, craignant que la reconnaissance d’une « émotion violente » ne devienne une porte de sortie pour des agresseurs. Les juges de Salta devront trancher entre la rigueur des expertises officielles et la lecture plus compassionnelle proposée par la défense. Leur décision, attendue entre le 29 et le 30 avril, pourrait non seulement sceller le sort de José Figueroa, mais aussi infléchir la jurisprudence argentine sur la responsabilité dans les crimes conjugaux, envoyant un signal clair à toute l’Amérique latine.
Élargis ton regard
L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan scellent un pacte de défense collective à La Mecque
12 langues · 57 sources
Depuis Economy & MarketsProvisionnement en hausse : les banques émergentes entre expansion du crédit et dégradation des actifs
2 langues · 6 sources
Depuis TechnologyMoscou encadre les SMS d'authentification des SIM d'enfants, sans interdire les réseaux sociaux
2 langues · 13 sources