
Argentine : la désinflation ne relance pas la consommation, les universités résistent
L’inflation argentine ralentit à 2,6 % en avril, mais la consommation ne redémarre pas et les universités se mobilisent contre les coupes budgétaires.
La publication, le 13 mai, de l’indice d’inflation argentin pour avril a apporté une première lueur d’espoir après dix mois de hausse ininterrompue. À 2,6 % selon l’INDEC, le chiffre marque un net ralentissement par rapport au 3,4 % de mars, interrompant une séquence qui inquiétait jusqu’au sein du gouvernement. Pourtant, cette amélioration macroéconomique peine à se traduire dans les supermarchés et les commerces de proximité. En province de Salta, le président de la Chambre de commerce, Gustavo Herrera, a salué ce signe comme « un indice encourageant », mais a aussitôt souligné que « le grand problème reste la baisse de la consommation ». Les prix des produits les plus sensibles, notamment dans l’alimentation et les articles d’hygiène, continuent de peser sur les ménages, malgré une relative stabilisation des étiquettes en grandes surfaces.
Cette désinflation chiche intervient dans un climat social déjà tendu. Deux jours après la quatrième marche fédérale universitaire, massive, le gouvernement a confirmé que les salaires des enseignants et du personnel non enseignant des universités nationales avaient subi un nouveau recul en avril, le rattrapage accordé étant inférieur d’un point à la hausse des prix de référence. Le même jour, un nouveau recul budgétaire de 2,5 millions de pesos a été annoncé, frappant d’abord la santé, l’éducation et les universités. Les syndicats ont aussitôt riposté en décrétant une grève d’une semaine à partir du 26 mai, avec la menace de ne plus organiser d’examens ni d’activités au second semestre si la Cour suprême ne se prononce pas rapidement sur la loi de financement universitaire. La rue et le Parquet constitutionnel sont désormais les deux arènes où se joue la survie du système public d’enseignement supérieur argentin.
Au-delà des frontières argentines, d’autres économies émergentes et avancées connaissent des trajectoires inflatoires divergentes qui complexifient le tableau global. En Israël, l’indice des prix à la consommation a bondi de 1,2 % en avril sur un mois, porté par une flambée de 7,8 % des fruits frais et de 4,9 % des transports, tandis que l’indice des prix des logements repart à la hausse après une accalmie. Au Canada, les économistes prévoient que l’inflation globale dépassera 3 % en avril – du jamais‑vu depuis 2023 – sous l’effet du choc pétrolier induit par le conflit iranien, même si la suspension fédérale de la taxe d’accise sur les carburants à partir de la mi‑avril devrait en atténuer l’impact. Ces chocs exogènes, conjugués aux tensions budgétaires internes en Argentine, dessinent une conjoncture mondiale où la hausse des prix n’est plus seulement un phénomène de rattrapage post‑pandémique, mais s’ancre dans des logiques géopolitiques et sectorielles durables.
À moyen terme, l’équation argentine reste la plus instable. Le gouvernement table sur une inflation annuelle de 30,4 % selon les prévisions du consensus FocusEconomics, mais les écarts entre analystes sont tels que ce chiffre moyen masque des scénarios très contrastés. La priorité affichée – réduire le déficit et casser l’inflation – se heurte à une réalité sociale où chaque point de baisse des prix semble s’accompagner d’un point de hausse de la précarité. La mobilisation universitaire, soutenue par un large public, n’a pas faibli depuis des mois, et le bras de fer avec la Cour suprême pourrait provoquer une paralysie administrative durable. Dans ce contexte, la désinflation d’avril ressemble moins à une victoire qu’à une trêve précaire, avant que ne se rejouent, dans les amphithéâtres et les allées du pouvoir, les véritables arbitrages budgétaires.
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
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| Presse latino-américaine | −0.80 | critical |
Les données d'avril indiquent une baisse de l'inflation à 2,5%, mettant fin à dix mois de hausse. Pourtant, consommateurs et entreprises restent prudents : la demande intérieure ne repart pas et le gouvernement peine à consolider cette tendance. Les perspectives sont modérément optimistes mais incertaines.
Alors que le gouvernement célèbre la baisse de l'inflation, les universités publiques subissent de nouvelles réductions budgétaires et les salaires des enseignants perdent du pouvoir d'achat. La mobilisation populaire grandit, avec des grèves et des manifestations pour défendre l'éducation. Le discours officiel semble éloigné de la réalité quotidienne des familles et des étudiants.
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